Henri BUMSEL, juif déporté

Daniel Rodophe Henri BUMSEL, que l’on appelait Henri, est né le 02/08/1887 à Bayonne. Il est l’aîné d’une fratrie de quatre enfants. Il grandit dans un milieu aisé, son père est négociant, son grand-père paternel est rentier. Il fait des études à Nice pour devenir ingénieur électricien. D’après sa fiche matricule, il est appelé à l’activité en 1908 pour son service militaire qu’il réalise à la 18ème section de commis et ouvriers militaires d’administration à Bordeaux. Il est envoyé en disponibilité le 25/09/1910 et se retire à Nice au n° 15 de la rue Maccarani.

Le 16/05/1911, il épouse Yvonne Cassin (il s’agit de la sœur de René Cassin ; pour ceux qui ne connaissent pas René Cassin, c’est ici que ça se passe!). Où se sont-ils rencontrés ? Bayonne ou Nice ? Difficile à dire. En effet comme lui, elle est née à Bayonne et comme lui, elle habite à Nice avec ses parents. Peu importe puisque à compter de ce jour, plus rien ne les séparera, pas même les guerres.

Début décembre 1911, quelques mois après s’être mariés, le couple quitte Nice pour rejoindre Paris où ils emménagent au 5 bis rue d’Erlanger dans le 16ème arrondissement. Le 12/03/1912, leur première enfant, Rebecca BUMSEL, vient au monde. Rebecca est suivie 18 mois plus tard par son petit frère Max Georges BUMSEL qui naît le 16/11/1913 dans le 15ème arrondissement. En effet, il sembler qu’entre mars 1912 et novembre 1913, le couple quitte la rue d’Erlanger pour emménager au numéro 47 de l’Avenue Félix Faure à Paris

Malheureusement la guerre guette et le 02/08/1914 est déclarée la mobilisation générale. Heureusement, Henri reste loin du front puisqu’il est dans un premier temps dans l’administration militaire. En 1915, il est détaché de son corps et est envoyé à la poudrerie de St-Chamas dans les Bouches-du-Rhône. En juillet 1917, il rejoint le 7ème régiment du génie basé à Avignon (Vaucluse) et il travaille à la poudrerie de Sorgues (Vaucluse). A Sorgues, il réside au château du Ronquet. On sait que son épouse est avec lui puisque leur fille Francine naît à Sorgues en novembre 1918. Le 02/08/1919, soit 5 ans jour pour jour après la mobilisation générale, il est enfin démobilisé et la famille rejoint Paris. Il reprend une vie civile discrète comme ingénieur. Au milieu des années 1920, il emménage au 52 avenue de la Motte-Picquet à Paris. En 1936, il travaille pendant quelques mois à l’arsenal de Bourges.

En septembre 1939, la Seconde Guerre Mondiale éclate. A cette date, on retrouve de nouveau leur trace à Bourges mais avec l’armistice du 22/06/1940 et les persécutions envers les Juifs qui sont croissantes, son épouse et lui décident de se réfugier au sud de la ligne de démarcation. Il semblerait d’après un document de 1943 qu’Henri Bumsel demande une carte d’identité à Tulle en septembre 1940, ce qui les situerait donc en Corrèze.

Cependant, avec l’invasion de la zone sud en novembre 1942, ils ne sont plus en sécurité nulle part en France. La zone sud est contrôlée en grande partie par les Allemands mais les Italiens, réputés pour être plus « cléments » envers les Juifs contrôlent quelques départements du Sud-Est, dont le Vaucluse où Henri Bumsel a été mobilisé pendant la Première Guerre Mondiale. Ce n’est donc pas sans surprise qu’on retrouve le couple en Vaucluse.

Le 27/08/1943, le Préfet de Vaucluse demande aux différents maires du département d’établir une liste des Juifs résidant dans leur commune. C’est ainsi que parmi les six personnes juives recensées au village de Mazan le 31/08/1943, on retrouve Henri Bumsel et son épouse.

Le 03/09/1943, l’Italie signe un armistice avec les Alliés entraînant la prise de contrôle par les Allemands de la zone qui jusque-là étaient occupées par les Italiens. Entre septembre 1943 et janvier 1944, le couple semble quitter Mazan pour venir loger à l’Hôtel d’Orient à Vaison-la-Romaine (Vaucluse). Le 21 janvier 1944, ils se font arrêtés par les Allemands à cet hôtel. Tout juste un mois plus tard, le 21/02/1944, ils arrivent au camp de Drancy. A leur arrivée, on leur saisit la somme de 3330F, une montre en or, une bague en or avec une perle et des roses et une bague en or avec deux rubis en échange d’un reçu.

Deux semaines plus tard, le 07/03/1944, ils sont dirigés vers Auschwitz (Pologne) à bord du convoi n°69 qui arrive à à destination le 10/03/1944. Bien que les actes de décès officiels rédigés en 1947 indiquent le 12/03/1944 comme date de décès, Henri Bumsel et son épouse meurent probablement gazés le jour même de leur arrivée à Auschwitz. Sur les 1501 déportés du convoi n°69, seuls 20 reviendront vivants.

Par un arrêté du 30/09/1987, la mention « mort en déportation » a été apposée en marge de leur acte de décès.