Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson

« Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson » Ce proverbe de Confucius peut s’appliquer à tout un tas de sujets dont la généalogie…

Je suis inscrit sur des groupes Facebook dans lesquels chacun peut poster ces problèmes généalogiques et l’intelligence collective permet la plupart du temps de les résoudre. Il y a quelques jours, ayant un peu de temps devant moi, j’ai décidé de consulter ces groupes et voir si je pouvais aider (et ça me fait des petits exercices pour ma généalogie personnelle ou celles de mes clients).

Première demande : quelqu’un demande de l’aide pour trouver l’acte de décès d’une femme au XIX° siècle. Il connaît la date de naissance (1798), la date et le lieu du mariage, la ville de résidence et sait qu’elle était veuve (et donc en vie en 1852). Je consulte les tables décennales de cette (petite) ville et il me faut moins de 5 minutes pour trouver la date de l’acte dans les tables, et quelques minutes de plus pour trouver l’acte de décès dans le registre.

Deuxième demande : ce coup-ci, on demande de l’aide pour trouver un acte de naissance. Là encore la recherche se fait au XIX° siècle. La personne qui poste cette demande indique la date et le lieu où la femme s’est mariée. Je consulte donc cet acte de mariage avant de chercher l’acte de naissance, et il est écrit que l’épouse est âgée de 22 ans 2 mois et 5 jours et l’officier d’état-civil a également indiqué la commune de naissance. Je calcule rapidement la date de naissance puis je vais consulter les registres des naissances de la commune indiquée. Là encore, je trouve l’acte de naissance à la date que j’avais calculée.

Ces recherches sont relativement simples. Alors pourquoi ces personnes ont posté ces demandes? Par flemmardise de réaliser les recherches (j’espère que non quand même!), par manque de méthode, manque de connaissance du fonctionnement des archives? Clairement il y a une lacune quelque part. Mais alors est-ce réellement une solution que de leur donner les réponses sur un plateau, ne serait-il pas préférable pour elles qu’elles se forment à une méthodologie pour pouvoir entreprendre leurs recherches de façon indépendante ? De mon point de vue, l’intérêt de la généalogie réside dans la démarche intellectuelle et l’enquête qui en résulte pour trouver la bonne information d’où l’importance de se former.

Pour cela, il existe de nombreux moyens de se former un minimum à comment mener à bien sa généalogie: sites internet spécialisés qui donnent de nombreux conseils, des ouvrages spécialisés, de multiples associations, des formations dispensées par des généalogistes professionnels (dont moi au passage !), des formations universitaires (je vous conseille le DU Généalogie et Histoire des Familles de Nîmes), des MOOC, etc mais tout cela combiné, mis bout à bout, additionné, mélangé, malaxé (et tout ce que vous voulez d’autre) ne sert strictement à rien s’il n’y a pas au départ une volonté d’apprendre du généalogiste.

EDIT 1: on m’a gentiment reproché d’uniquement constater le problème sans proposer de solutions. Les solutions sont multiples et j’en dresse une brève liste à la fin. Il n’y a pas de solution miracle et c’est à chacun de se prendre en main pour se former à son rythme, selon ses besoins et ses contraintes. Mais si un généalogiste n’est pas prêt: à passer des heures quand ce n’est pas des journées sans rien trouver,   à se remettre en question et changer d’approche, en bref s’il n’est pas prêt à galérer et qu’il ne comprend pas que la généalogie prend énormément de temps pour connaître les différentes sources existantes et savoir comment les exploiter, peut-être que ledit généalogiste devrait soit changer de passe-temps soit confier ses recherches. On ne peut tout simplement pas demander à des bénévoles de réaliser entièrement sa généalogie.

EDIT 2: on m’a également reproché d’écrire cet article pour me mettre en avant. Ce n’est pas le but mais cet article est sur mon site, je ne vais quand même pas mettre en avant un de mes concurrents ! Ensuite, je pense (enfin j’espère) que n’importe quel généalogiste professionnel français sait réaliser une recherche dans l’état civil français au XIX° siècle, c’est en effet l’une des toutes premières choses que l’on apprend quand on commence sa généalogie en tant qu’amateur.

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